Mardi 14 avril 2009

Les élus lancent la mobilisation générale pour la RN2

Les élus étaient tous ceints de leur écharpe tricolore.

 

Environ deux cents élus, toutes tendances confondues, ont hier en fin de journée, manifesté au rond-point de l'Archer à Soissons afin que le dossier de la RN2 vers Paris avance enfin.

«NICOLAS SARKOZY a dit : à quoi sert la politique si on ne peut rien faire sur rien. Les élus du Soissonnais proclament : à quoi sert la politique si on ne peut rien faire sur la RN2 ? »

Installée hier au pied du rond-point de l'Archer de Soissons - là même où la mobilisation pour l'emploi s'était manifestée il y a quelques années, alors que le bassin enregistrait de nombreux licenciements - la banderole interpelle directement le chef de l'État.

Répondant à l'appel du président de la communauté d'agglomération du Soissonnais, Jean-Marie Carré, environ deux cents élus - maires, conseillers municipaux, généraux et régionaux, auxquels s'étaient joints le député Jacques Desallangre et le sénateur-maire de Laon Antoine Lefèvre - ont, toutes tendances confondues, fait montre de leur détermination à faire, enfin, bouger le dossier de la mise à deux fois deux voies de cet axe vers la Capitale.

Ceints de leur écharpe tricolore et tous habillés d'un gilet fluo de sécurité, les édiles entendaient ainsi se faire voir autant que se faire entendre. En juin 2005 déjà, les élus avaient manifesté à Gondreville (Oise) mais, depuis, peu de choses ont bougé.

En début de semaine, cependant, une délégation d'élus axonais a été reçue à Laon par le nouveau préfet de région, Michel Delpuech. S'il s'est engagé à « accélérer les études » et à faire inscrire un certain nombre de travaux au Plan de modernisation des itinéraires (PDMI), les élus veulent « plus que des promesses » : « Le préfet nous a indiqué qu'il fallait changer de braquet, je lui ai répondu que ça n'est pas de braquet qu'il fallait changer, mais de véhicule ! », expliquait le président de l'agglo Jean-Marie Carré, qui prévenait que cette manifestation au bord de la RN2 n'était que la première d'une série qui ne s'arrêtera que lorsque seront « gommés trente ans de retard dans les travaux ». Le prochain rendez-vous aura lieu le mois prochain dans l'Oise.

Pour le sénateur-maire de Laon, Antoine Lefèvre, c'est là qu'est le « nœud » du problème. Il faut donc, estime le parlementaire, que « les élus de l'Oise se sentent concernés comme l'est leur collègue, maire de Gondreville, présent ce soir. La RN2, c'est une épine dorsale. C'est vital pour le Soissonnais mais c'est aussi vital pour l'Aisne. En la matière, il n'y a pas de clivages politiques. Nous sommes tous en complet accord là-dessus. »

Aux yeux de Jean-Marie Carré, le combat est bien plus que celui des politiques : « si nous gagnons, c'est l'emploi qui gagne. Ce sont les entreprises qui gagnent. »
Philippe Robin
 

Par garance - Publié dans : Actualités
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Mardi 31 mars 2009

 
Après avoir redéposé le 23 Fevrier dernier sa proposition de loi visant à lutter contre les licenciements boursiers, Jacques Desallangre s'attaque maintenant aux stocks options et aux primes des patrons dont les entreprises bénéficient du soutien de l'Etat.

Trop, c'est trop ! Chaque semaine, un nouveau scandale financier éclate sur la place publique. La presse rapporte aujourd'hui le parachute en or massif du PDG de Valéo pour son départ de l'entreprise.

Valéo a perdu 207 millions d'euros en 2008, un plan de départ prévoit 1600 suppressions d'emplois, l'Etat a injecté le 25 février dernier 19 millions d'euros et a pris 8 % du capital, via le fonds stratégique d'investissement nouvellement créé.

Malgré ce bilan, son PDG, Thierry Morin, devrait quitter l'entreprise avec un chèque de 3,2 millions d'euros. C'est ce que prévoit son contrat de travail mais assorti de conditions de performances. Le conseil d'administration a donc dû faire une lecture bienveillante des résultats pour lui attribuer une telle somme correspondant à deux ans de salaire. Reste à obtenir l'aval des actionnaires pour que la mesure devienne effective.

Nicolas Sarkozy et sa ministre des finances, Madame Lagarde, ne manqueront pas de s'offusquer comme ils le font régulièrement depuis des mois. Madame Parisot, patronne du Medef nous gratifiera sûrement d'un jugement sentencieux dont elle a le secret. Mais tous sont complices : les premiers qui ne légifèrent pas alors qu'ils en ont le pouvoir, la dernière parce qu'elle refuse une telle mesure.

Alors que les plans de licenciements, restructurations et suppressions d'emplois se succèdent ; alors qu'un nombre croissant de nos concitoyens connaît des fins de mois difficiles ; voir les grands patrons s'attribuer qui des bonus, qui des stock-options, qui des parachutes dorés, est proprement insupportable. Les énormes sommes en questions sont révélatrices des formidables inégalités de rémunérations dans notre pays ; elles-mêmes révélatrices d'une répartition profondément inégalitaire de la richesse créée entre le capital et le travail. Cela doit changer !

Le Parti de Gauche propose des mesures fortes :

 Dans la proposition de loi déposée à l'Assemblée Nationale et au Sénat par les parlementaires du Parti de Gauche, il est indiqué :

 Article 17 : « Il est institué un salaire maximum légal dont le montant ne peut pas dépasser vingt fois celui du salaire minimum. Le salaire maximum légal inclut, le cas échéant, la partie fixe du salaire et la partie varioable en fonction des objectifs prévus au contrat de travail ou du chiffre d'affaire généré par l'activité du salarié ». Qu'attendent Sarkozy et Lagarde pour s'en inspirer ? 

Par ailleurs, dans son plan d'urgence, le Parti de Gauche réclame aussi :
- le plafonnement des dividendes des actionnaires et la suppression des « bonus » des dirigeants d'entreprises,
- la suppression des stock-options, sauf pour les petites et moyennes entreprises nouvellement crées et durant les 5 premières années. 

Parallèlement, il faut augmenter les salaires :
- revalorisation immédiate du SMIC pour atteindre 1500 euros net au 1er juillet 2010, avec un fonds de compensation partielle et temporaire pour les PME qui maintiennent l'emploi,
- augmentation de 300 euros du minimum de pension et des minima sociaux,
- conditionnement du maintien des aides publiques et exonérations sociales dont bénéficient les employeurs à la conclusion d'un accord collectif d'augmentation des salaires d'ici fin 2009,
- indexation des salaires, pensions, minima sociaux  sur les prix.


Pour combattre la crise, il faut s'attaquer à ses racines - notamment la suraccumulation par une minorité de profits exorbitants qui ont nourri une spéculation effrénée - et instaurer une nouvelle redistribution des richesses.

Par Frederic Alliot - Publié dans : Actualités
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Mardi 31 mars 2009

 
Surprise et regrets sont les deux mots qui sont le plus souvent revenus dans la bouche des élus qui se sont exprimés hier après la démission du premier magistrat ternois.
Michel Carreau, conseiller général et adjoint à Tergnier « Jacques Desallangre m'avait mis au courant mais je lui avais demandé de patienter et de reprendre des forces avant de prendre sa décision. C'est un homme d'un charisme exceptionnel, très courageux et je regrette aujourd'hui qu'il partent ainsi. La devise de Tergnier qui est la volonté de réussir lui colle parfaitement à la peau car lorsqu'il avait un projet il n'était pas question d'abandonner. J'ai toujours été à ses côtés et je le resterais, avec Claude Brocheton nous sommes les trois derniers du conseil à avoir commencé ensemble il y a 26 ans ».

Claude Brocheton, ex-maire délégué de Vouël, « Nous sommes arrivés ensemble en 1983, nous partons presqu'ensemble (M. Brocheton fut dans le jeu, politique « privé » de mairie associée en mars dernier). Il faut voir le côté humain des choses. Avec ses soucis de santé, il ne peut plus assumer. C'est malheureux pour lui et pour Tergnier, mais partant ainsi, aujourd'hui, il est correct avec la ville ».

Laurent Brocheton, leader de l'opposition ternoise « Je regrette les conditions de ce départ, ça laisse un goût d'inachevé, c'est comme si un joueur de foot quitter le terrain sur blessure.
Il a marqué la ville, il n'y pas un équipement public qui n'est pas son empreinte. Même si je suis le leader de l'opposition, j'ai été élu à ses côtés, je me souviens de sa première victoire, nous étions dans son bureau de l'union sur le boulevard et nous avions fêté cela chez lui. Et puis 25 ans ça compte, il y a des Ternois qui n'ont connu que lui, c'est dire l'importance qu'il avait ».

Marcel Lalonde, maire de Chauny « C'est une décision personnelle que je comprends, la fonction de maire est de plus en plus difficile et prenante et la santé passe avant toute chose. Les nombreux déplacements qu'impliquent la fonction de maire et la présence qu'il faut assurer au quotidien sont très fatiguants.
Même si nous n'avions pas les mêmes positions, nous avons toujours eu des relations cordiales, tout à fait démocratiques. Je souhaite qu'il se rétablisse au plus vite et que tout aille pour le mieux ».

Jean-Luc Lanouilh, conseiller général de Chauny « C'est un grand monsieur qui a décidé de tourner la page pour des raisons qui se respectent. Être élus pendant plus de 25 ans comme il a été n'est jamais le fruit du hasard, cela démontre son travail et le rapport privilégié qu'il entretenait avec la population.
C'est une étape qui va marquer la vie du secteur et c'est pour moi une surprise. Je pensais qu'il allait prendre le temps de se rétablir avant de revenir aux affaires mais pas qu'il partirait si rapidement ».

Yves Daudigny, sénateur et président du conseil général « C'est une réaction personnelle pleine de courage et de lucidité.
Je lui témoigne ma chaleureuse et fidèle amitié dans un combat difficile car la santé reste un bien précieux.
J'ai aussi beaucoup de respect pour le travail effectué en étant guidé par ses propres convictions et que de chemin parcouru par la ville de Tergnier depuis qu'il en est le leader.
C'est une figure locale et départementale avec qui j'ai toujours entretenu de très bonnes relations ».
Propos recueillis par S.P.

Par garance - Publié dans : Dans la Presse
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Lundi 30 mars 2009
Il était 21 h 45 hier soir, quand Jacques Desallangre (au centre) a annoncé sa démission.   « Un grave accident médical ne me permet plus d'assurer mes fonctions, d'autant que je n'en ai pas terminé avec la maladie. Je vous remets donc mes chers collègues mon mandat de maire », a indiqué le premier magistrat devant une salle abasourdie par la nouvelle.

On le savait affaibli, après une opération chirurgicale délicate qui l'a éloigné de la vie locale durant plus de deux mois, mais de là à imaginer un départ. Cette démission implique de ce fait, son retrait de la communauté de communes Chauny-Tergnier dont il était président.

Que l'on soit partisan ou non de l'homme, Jacques Desallangre a tout de même marqué la vie ternoise depuis plus de 25 ans. Son sens de la solidarité si chère aux Ternois va sans nul doute rester dans toutes les mémoires.
Après les quelques mots prononcés, hier, à l'issue de la réunion, les élus n'ont pas hésité à se lever pour l'applaudir et lui rendre hommage. « Ca me fait chaud au cœur », a-t-il lancé avant de quitter la salle, les larmes aux yeux, laissant orphelins pas mal de ses compagnons de route.

C'est dans un silence religieux juste perturbé par le grincement des chaises que tous ont vidé cette salle du conseil où va rester gravé à jamais

le souvenir de cette soirée.

Jacques Desallangre a pris la décision de se battre contre la maladie et de ne pas disperser ses forces dans des batailles politiques qui lui ont toutefois toujours tenues à cœur.

Militant de gauche convaincu, il le restera, si ce n'est qu'il ne sera plus là pour présider les nombreuses manifestations ternoises. Dans son annonce qui a eu l'effet d'une bombe, il n'a pas évoqué l'abandon de son mandat de député de la circonscription couvrant Tergnier et Soissons. Ce qui est sûr c'est que cette personnalité politique locale et départementale va laisser un vide.
Samuel Pargneaux



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Lundi 30 mars 2009

Tergnier / Politique
Desallangre va rester député


 

Après l'annonce de sa démission jeudi soir à l'issue du conseil municipal (l'union d'hier), personne ne savait vraiment ce que Jacques Desallangre allait faire de ses autres mandats. Au final, il restera conseiller municipal à Tergnier ce qui lui permet de continuer à siéger à la communauté de communes Chauny-Tergnier et d'en garder la présidence.

Par ailleurs, il a également décidé de rester député. Jacques Desallangre estimant cette charge moins lourde à porter que celle de maire d'une ville de 13.000 habitants où il faut être présent partout et tout le temps. Il a tout de même précisé qu'au cas où il serait obligé de quitter ses fonctions de député, il soutiendrait son attaché parlementaire Frédéric Alliot, qui est aussi maire adjoint de Soissons «…s'il était candidat ».

Hier, les élus locaux et départementaux n'ont pas manqué de réagir à cette décision qui en a surpris plus d'un. Chacun a rendu hommage au travail effectué par Jacques Desallangre durant ses vingt-six années de mandat de maire. Désormais sa succession à la mairie est ouverte mais les jeux semblent plus ou moins faits, compte tenu des courants politiques de chacun et des trahisons intervenues ces derniers mois au sein des différents partis de gauche locaux.

Il semblerait que le maire délégué de Quessy, Christian Crohem, tienne la corde pour remporter le siège de maire lors d'un prochain conseil municipal. L'élection devrait intervenir courant avril après que le Préfet ait notifié la démission de façon officielle.
S.P.

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Lundi 30 mars 2009
Jacques Desallangre en direct

 
Des rubans, il en coupé quelques uns comme ici celui de l'Odyssée en juin 2005.
Rencontré vendredi après midi dans son bureau, Jacques Desallangre a bien voulu jeter pour nous un œil dans le rétro de ses vingt-six années de mandature.

 

A.N. : Nourrissez-vous un regret particulier ?
J.D. : Pas vraiment, si ce n'est l'échec du projet de réhabilitation du complexe sportif de la Cité. Il y avait la place et nous avions les finances alors qu'à Vouel, nous sommes à l'étroit.

A.N. : Y a t-il des dossiers dont vous êtes plus particulièrement fiers ?
J.D. : Il ne faut pas confondre fierté et orgueil. Le maire n'est que l'exécutant de l'assemblée municipal, même s'il lui appartient d'impulser la dynamique et la réflexion.
Ma plus grande fierté, c'est de pouvoir aujourd'hui me promener dans une ville où il ne reste plus guère à refaire que la salle des arts et loisirs. Nous avons su en faire pour toutes les catégories de population : les anciens, les jeunes, les familles.
…Ah si, j'allais oublier la base nautique de la Frette. Sur ce dossier, je n'ai rien inventé car un projet avait été élaboré bien avant mais il dormait dans des cartons. c'est vrai que j'ai décidé de le ressortir pour le mettre dans la balance des négociations avec GSM. Cela valait tout de même le coup.

A.N. : Avec le recul, auriez-vous mené différemment certains dossiers ?
J.D. : Peut-être mais je n'en suis pas sûr. c'est une question de méthode. D'aucuns estiment qu'une mairie ne doit disposer que de quelques jours de fonds de roulement car il serait inutile d'immobiliser de l'argent qui ne rapporte pas. Nous au contraire, nous disposons de plusieurs mois. Peut-être parce que j'ai été marqué lors de mon arrivée en 1983 par la situation de détresse dans laquelle se trouvait plongée la ville à la suite des vagues massives de fermetures d'usines. C'est un peu un bas de laine à l'ancienne mais cela nous a permis de toujours saisir les opportunités lorsqu'elle se présentait. Je pense à l'isolation acoutisque du restaurant municipal. Nous avons appris un jour que Ségolène Royal, alors ministre, débloquait des fonds ; nous avons saisi l'occasion. C'est ainsi que nous avons également aménagé les Caves à musique. Cette réactivité nous permet de ne pas être entravés par les délais de versement des subventions, souvent assez long.

 

LETTRE AUX TERNOIS

6000 : c'est le nombre de courriers que Jacques Desallangre expédiera dans les prochains jours à ses administrés pour leur expliquer sa décision.

« Très diminué par un grave accident de santé, je sais maintenant que je ne retrouverai pas l'intégralité de mes moyens physiques, indispensables à l'exercice de ce mandat de maire, si riche mais si exigeant » leur écrit-il.
Et de poursuivre : « Puis-je envisager d'être moins disponible ? De ne plus accueillir ceux qui ont besoin d'aide chaque samedi à 8 heures ou dans la semaine, en urgence à mon bureau ? De ne plus pouvoir être le matin en préfecture à Laon et l'après midi en négociation au conseil régional à Amiens ? »

Jacques Desallangre veille par-dessus tout à préserver l'estime et la confiance que lui ont témoigné ses administrés au fil de ses réélections successives : « Ma décision n'est pas une désertion. Pendant trois décennies, je n'ai pas compté les longues journées de travail, les week end sacrifiés, les vacances écourtées, la famille négligée. Je ne veux pas aujourd'hui conserver égoïstement un mandat que je n'assumerai qu'à moitié » leur assure t-il.

Par ailleurs, il leur souhaite « bonne chance » et leur confie combien « grâce à eux », il « a vécu une belle aventure humaine ». Une « aventure » dont la seule évocation suffit à humidifier son regard dans l'intimité de son bureau. « Les Ternois forment une population très attachante ; ils ont été globalement sympas avec moi et j'ai vite trouvé mes repères parmi eux. ce n'est peut-être pas un hasard si moi, fils de cheminot à Châlons, je suis devenu maire de Tergnier ».


Par garance - Publié dans : Dans la Presse
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Gaston Bachelard   

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