Le départ de Jacques DESALLANGRE : un grand moment d'émotion

Publié le par garance

Maire de Tergnier depuis vingt-six ans, Jacques Desallangre passe le flambeau

 
Etreint par l'émotion, Jacques Desallangre lève une dernière fois la séance.
Maire de Tergnier depuis vingt-six ans, Jacques Desallangre a décidé de mettre un terme à sa carrière de premier magistrat. Il en a avisé jeudi soir ses collègues de l'assemblée municipale dont il rejoindra les rangs dès la prochaine séance, vraisemblablement avant la fin avril. Pour autant, il conservera la présidence de la communauté de communes Chauny-Tergnier ainsi que son mandat législatif.

 

Il l'avait dit ; il l'a fait. Vingt-six ans et cinq jours très exactement après son accession à la mairie de Tergnier, Jacques Desallangre a annoncé jeudi soir vouloir remettre son mandat de maire à l'assemblée municipale.

Cela s'est fait le plus simplement du monde, au terme d'une réunion consacrée aux budgets primitifs.

« Le grave accident de santé dont j'ai été victime ne me permet plus d'assurer cette fonction d'autant que je n'en ai pas fini avec la maladie » a t-il sobrement déclaré à une assistance sonnée qui, dans un même élan, lui a rendu une « standing ovation ».

Un mandat trop physique

Jacques Desallangre avait prévenu ses administrés : « Je ne serai pas maire à mi-temps » (L'Aisne Nouvelle du 26 janvier 2009).
Il se tient à cet engagement. « Non pas que je préfère un mandat à un autre ; chaque mandat est un engagement fort mais celui de maire requiert des qualités physiques particulières ; du moins tel que je le conçois » explique t-il, exemples à l'appui : « Lorsque j'arrive le samedi à 7h45 à ma permanence où une trentaine de personnes m'attendent déjà ; lorsque je prends part dimanche et jours de fêtes aux événements de la vie locales, il faut faire preuve de qualités physiques qui me font défaut ». Exigeant envers les autres, il l'est tout autant envers lui-même : « le dernier des services que je pouvais rendre à mes concitoyens était de remettre mon mandat de maire ». Il continuera en revanche à honorer ses mandats communautaires et législatifs, physiquement moins éprouvants.

Dès vendredi matin, il a adressé sa lettre de démission au préfet.

« Dès lors qu'elle aura été validée, nous réunirons le conseil municipal pour élire mon successeur ; avant la fin avril, Tergnier aura donc vraisemblablement un nouveau maire ».
On peine à l'imaginer s'astreignant à ne tenir au sein de l'assemblée municipal qu'un rôle ordinaire et pourtant, Jacques Desallangre le jure : « En tant que simple conseiller municipal, je veillerai scrupuleusement à ne pas monopoliser la parole et le débat ; lorsque je prends une décision, je m'y tiens ». Qui oserait encore en douter ?

 

UNE SUCCESSION DIFFICILE
Qui osera prendre le flambeau de Jacques Desallangre à la mairie ? Le maire démissionnaire assure qu'il n'a pas désigné son dauphin. « Ce serait méprisant pour l'assemblée municipale » note t-il.

« J'en ai discuté avec mes collègues mais je n'ai pas proposé de candidats ; tous savent que je pense plus particulièrement à quelqu'un mais je ne me livrerai à aucune déclaration publique sur le sujet ; c'est à l'assemblée qu'il appartiendra de se prononcer le moment venu ».

Une indication tout de même : le premier magistrat sortant a veillé à ce que sa succession ne soit pas motif à zizanie au sein de l'équipe municipale. « J'ai juste veillé à préserver l'unité de la majorité municipale » confie t-il. Majorité qui, depuis le dernier renouvellement de l'assemblée, doit composer avec six élus d'opposition à Vouel et deux à Quessy.

L'opposition marque son « respect »

Initialement tendus, les rapports entre les deux fractions de l'assemblée se sont néanmoins très nettement « arrondis » au fil des mois. La réaction du chef de file de cette opposition Laurent Brocheton le confirme : « Nous n'avons aucune exigence à faire valoir pour le moment ; ce qui se passe est un véritable drame. Que Jacques Desallangre soit éliminé sur blessure, ce n'est pas normal. Cela n'est pas normal pour un homme de cette carrure et de cette force de caractère. Tergnier est aujourd'hui la ville qu'il a construite. Non vraiment, faire état aujourd'hui d'exigences quant aux conditions de son renouvellement, ce serait lui manquer de respect

 

Publié dans Dans la Presse

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