La lettre de Jacques DESALLANGRE aux ternois: grâce à vous quelle belle aventure j'ai vécu....!

Publié le par garance

Jacques Desallangre en direct

 
Des rubans, il en coupé quelques uns comme ici celui de l'Odyssée en juin 2005.
Rencontré vendredi après midi dans son bureau, Jacques Desallangre a bien voulu jeter pour nous un œil dans le rétro de ses vingt-six années de mandature.

 

A.N. : Nourrissez-vous un regret particulier ?
J.D. : Pas vraiment, si ce n'est l'échec du projet de réhabilitation du complexe sportif de la Cité. Il y avait la place et nous avions les finances alors qu'à Vouel, nous sommes à l'étroit.

A.N. : Y a t-il des dossiers dont vous êtes plus particulièrement fiers ?
J.D. : Il ne faut pas confondre fierté et orgueil. Le maire n'est que l'exécutant de l'assemblée municipal, même s'il lui appartient d'impulser la dynamique et la réflexion.
Ma plus grande fierté, c'est de pouvoir aujourd'hui me promener dans une ville où il ne reste plus guère à refaire que la salle des arts et loisirs. Nous avons su en faire pour toutes les catégories de population : les anciens, les jeunes, les familles.
…Ah si, j'allais oublier la base nautique de la Frette. Sur ce dossier, je n'ai rien inventé car un projet avait été élaboré bien avant mais il dormait dans des cartons. c'est vrai que j'ai décidé de le ressortir pour le mettre dans la balance des négociations avec GSM. Cela valait tout de même le coup.

A.N. : Avec le recul, auriez-vous mené différemment certains dossiers ?
J.D. : Peut-être mais je n'en suis pas sûr. c'est une question de méthode. D'aucuns estiment qu'une mairie ne doit disposer que de quelques jours de fonds de roulement car il serait inutile d'immobiliser de l'argent qui ne rapporte pas. Nous au contraire, nous disposons de plusieurs mois. Peut-être parce que j'ai été marqué lors de mon arrivée en 1983 par la situation de détresse dans laquelle se trouvait plongée la ville à la suite des vagues massives de fermetures d'usines. C'est un peu un bas de laine à l'ancienne mais cela nous a permis de toujours saisir les opportunités lorsqu'elle se présentait. Je pense à l'isolation acoutisque du restaurant municipal. Nous avons appris un jour que Ségolène Royal, alors ministre, débloquait des fonds ; nous avons saisi l'occasion. C'est ainsi que nous avons également aménagé les Caves à musique. Cette réactivité nous permet de ne pas être entravés par les délais de versement des subventions, souvent assez long.

 

LETTRE AUX TERNOIS

6000 : c'est le nombre de courriers que Jacques Desallangre expédiera dans les prochains jours à ses administrés pour leur expliquer sa décision.

« Très diminué par un grave accident de santé, je sais maintenant que je ne retrouverai pas l'intégralité de mes moyens physiques, indispensables à l'exercice de ce mandat de maire, si riche mais si exigeant » leur écrit-il.
Et de poursuivre : « Puis-je envisager d'être moins disponible ? De ne plus accueillir ceux qui ont besoin d'aide chaque samedi à 8 heures ou dans la semaine, en urgence à mon bureau ? De ne plus pouvoir être le matin en préfecture à Laon et l'après midi en négociation au conseil régional à Amiens ? »

Jacques Desallangre veille par-dessus tout à préserver l'estime et la confiance que lui ont témoigné ses administrés au fil de ses réélections successives : « Ma décision n'est pas une désertion. Pendant trois décennies, je n'ai pas compté les longues journées de travail, les week end sacrifiés, les vacances écourtées, la famille négligée. Je ne veux pas aujourd'hui conserver égoïstement un mandat que je n'assumerai qu'à moitié » leur assure t-il.

Par ailleurs, il leur souhaite « bonne chance » et leur confie combien « grâce à eux », il « a vécu une belle aventure humaine ». Une « aventure » dont la seule évocation suffit à humidifier son regard dans l'intimité de son bureau. « Les Ternois forment une population très attachante ; ils ont été globalement sympas avec moi et j'ai vite trouvé mes repères parmi eux. ce n'est peut-être pas un hasard si moi, fils de cheminot à Châlons, je suis devenu maire de Tergnier ».


Publié dans Dans la Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article