Jacques Desallangre dépose une nouvelle loi visant à taxer de 90% les primes et stock-options des entreprises bénéficiant du plan de sauvegarde de l'économie

Publié le par Frederic Alliot

 
Après avoir redéposé le 23 Fevrier dernier sa proposition de loi visant à lutter contre les licenciements boursiers, Jacques Desallangre s'attaque maintenant aux stocks options et aux primes des patrons dont les entreprises bénéficient du soutien de l'Etat.

Trop, c'est trop ! Chaque semaine, un nouveau scandale financier éclate sur la place publique. La presse rapporte aujourd'hui le parachute en or massif du PDG de Valéo pour son départ de l'entreprise.

Valéo a perdu 207 millions d'euros en 2008, un plan de départ prévoit 1600 suppressions d'emplois, l'Etat a injecté le 25 février dernier 19 millions d'euros et a pris 8 % du capital, via le fonds stratégique d'investissement nouvellement créé.

Malgré ce bilan, son PDG, Thierry Morin, devrait quitter l'entreprise avec un chèque de 3,2 millions d'euros. C'est ce que prévoit son contrat de travail mais assorti de conditions de performances. Le conseil d'administration a donc dû faire une lecture bienveillante des résultats pour lui attribuer une telle somme correspondant à deux ans de salaire. Reste à obtenir l'aval des actionnaires pour que la mesure devienne effective.

Nicolas Sarkozy et sa ministre des finances, Madame Lagarde, ne manqueront pas de s'offusquer comme ils le font régulièrement depuis des mois. Madame Parisot, patronne du Medef nous gratifiera sûrement d'un jugement sentencieux dont elle a le secret. Mais tous sont complices : les premiers qui ne légifèrent pas alors qu'ils en ont le pouvoir, la dernière parce qu'elle refuse une telle mesure.

Alors que les plans de licenciements, restructurations et suppressions d'emplois se succèdent ; alors qu'un nombre croissant de nos concitoyens connaît des fins de mois difficiles ; voir les grands patrons s'attribuer qui des bonus, qui des stock-options, qui des parachutes dorés, est proprement insupportable. Les énormes sommes en questions sont révélatrices des formidables inégalités de rémunérations dans notre pays ; elles-mêmes révélatrices d'une répartition profondément inégalitaire de la richesse créée entre le capital et le travail. Cela doit changer !

Le Parti de Gauche propose des mesures fortes :

 Dans la proposition de loi déposée à l'Assemblée Nationale et au Sénat par les parlementaires du Parti de Gauche, il est indiqué :

 Article 17 : « Il est institué un salaire maximum légal dont le montant ne peut pas dépasser vingt fois celui du salaire minimum. Le salaire maximum légal inclut, le cas échéant, la partie fixe du salaire et la partie varioable en fonction des objectifs prévus au contrat de travail ou du chiffre d'affaire généré par l'activité du salarié ». Qu'attendent Sarkozy et Lagarde pour s'en inspirer ? 

Par ailleurs, dans son plan d'urgence, le Parti de Gauche réclame aussi :
- le plafonnement des dividendes des actionnaires et la suppression des « bonus » des dirigeants d'entreprises,
- la suppression des stock-options, sauf pour les petites et moyennes entreprises nouvellement crées et durant les 5 premières années. 

Parallèlement, il faut augmenter les salaires :
- revalorisation immédiate du SMIC pour atteindre 1500 euros net au 1er juillet 2010, avec un fonds de compensation partielle et temporaire pour les PME qui maintiennent l'emploi,
- augmentation de 300 euros du minimum de pension et des minima sociaux,
- conditionnement du maintien des aides publiques et exonérations sociales dont bénéficient les employeurs à la conclusion d'un accord collectif d'augmentation des salaires d'ici fin 2009,
- indexation des salaires, pensions, minima sociaux  sur les prix.


Pour combattre la crise, il faut s'attaquer à ses racines - notamment la suraccumulation par une minorité de profits exorbitants qui ont nourri une spéculation effrénée - et instaurer une nouvelle redistribution des richesses.

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