NEXANS à Chauny annonce 220 licenciements: un cataclysme pour la region. Jacques Desallangre reçoit les syndicats ce matin

Publié le par Frederic Alliot

 

 Le couperet est tombé sur l'avenir de ses salariés qui ont appris en fin de semaine dernière la fermeture des deux sites chaunois.

Comme à Soissons , le chaunois connait les mêmes conséquences de restructurations industrielles qui privilégient le profit à l'emploi.Au nom du profit , les capitalistes détruisent des hommes et leurs vies.

Jacques DESALLANGRE  recoit ce matin à la Communauté de Communes de Chauny Tergnier une délégation syndicale pour faire le point de la situation.

 Vendredi matin la population est appelée à manifester dans les rues de Chauny leur soutien aux salariés et à leur famille

Le journal l'Aisne Nouvelle y consacrait hier un premier  artricle (extraits ci dessous)

Les salariés occupent les deux entreprises depuis jeudi. Pas de débordement mais la pression monte.


Ce n'est pas la grippe A qui a frappé la première à Chauny, en cette rentrée de septembre 2009. La ville vient d'être secouée par un séisme économique et social sans précédent. Ce que redoutait la population ces derniers mois, ces dernières années, est arrivé jeudi. La société Nexans, deuxième plus gros employeur privé de la cité des Singes, a décidé de liquider ses deux usines, la coulée continue de cuivre et la tréfilerie, mettant à la porte 220 salariés. Le groupe n'a pas fait de détail, préférant recentrer ses activités fil sur Lens, où il a fait de gros investissements dernièrement. Chauny, détruite à 90 % en 1917, se remettra-t-elle de ce nouveau cataclysme ?

 

Combien de générations de Chaunois ont travaillé pour la Thomson, Alcatel et aujourd'hui Nexans, ne comptant pas leur peine, y abandonnant bien souvent leur vie de famille quand ce n'est pas la santé ? Les fours sont aujourd'hui arrêtés pour un long moment. Et avec eux, les postes de nuit, le travail la journée, le ballet incessant des camions de transport, l'odeur de cuivre sortant de la cheminée centrale (également d'émail il y a encore un an avec Essex)… L'aventure est finie pour Nexans à Chauny, laissant un goût plus qu'amer en ville et un écœurement dans les foyers touchés par les licenciements brutaux.

Jean-Pierre Magerand, délégué syndical CGT, était l'un des soixante-cinq représentants du personnel invités jeudi matin à la grande messe organisée à Paris par le groupe Nexans. Groupe qui présentait sa nouvelle stratégie, c'est-à-dire la restructuration de l'entreprise. Le PDG n'était pas-là mais M. Magerand (tréfilerie) a dit ce qu'il pensait à l'équipe de direction, notamment au directeur de Lens : « je vois que les baronnies existent toujours dans le groupe, nous avons à faire à une bande de copains et de coquins ».

On lui a fait comprendre, ainsi qu'à son collègue représentant les salariés de Nexans Copper Chauny, ex-SCCC, David Quillet, qu'il était normal de laisser exploser sa colère. Surtout quand Chauny est rayée de la carte Nexans : le groupe surpprime en France 380 emplois, dont 220 à Chauny. Sur un effectif global de 3 400 personnes.

La première réaction des salariés ne s'est pas fait attendre. Jeudi midi, alors que leurs collègues sortaient de réunion à Paris, ils bloquaient les entrées-sorties des deux sites, empêchant toutes livraisons et chargements.
Le butin n'est pas conséquent - les stocks sont au plus bas car l'entreprise tourne au ralenti depuis deux ans et le four était en arrêt depuis fin août - mais la décision d'occuper l'entreprise s'imposait. Les palettes et les pneus brûlent depuis jeudi soir puisqu'il n' y a jamais eu de solution de reprise, juste un billet pour pointer à l'ANPE. Les occupants prennent soin, toutefois, des tréfileuses et des fours, qui coûtent une petite fortune.

Hier matin, la direction chaunoise a réuni les représentants du personnel et délégués syndicaux pour leur redonner les mêmes (mauvaises) informations et fixer le calendrier des prochaines réunions (CCE et CE) en vue de l'ouverture du plan de sauvegarde. Ces derniers se sont exprimés, à leur tour, en début d'après-midi, devant le personnel, en assemblée générale. Il n' y a pas eu de soulèvement général dans l'enceinte de l'usine et aux alentours mais « nous sommes bien décidés à faire monter la pression dans les prochains jours pour obtenir le maximum de compensations » a lâché David Quillet. Car question reclassement interne, la vache est maigre.
 
LES ELUS, COMME LES SALARIES, DENONCENT LA BRUTALITE
   
 - Jacques Desallangre, député : « on est scandalisé, comme partout en France où la situation est identique. Nexans est une grande entreprise qui gagne de l'argent, le site est bénéficiaire. On se moque des 240 familles, ce qui compte, ce sont les dividendes touchés par les actionnaires, + 400 % sur trois ans d'après leur bilan 2008. Nexans ferme une usine chez nous pour exploiter d'autres gens ailleurs, peut-être pire. Ils n'en ont rien à foutre des élus locaux, du préfet, de l'aménagement du territoire, ils raisonnent calculette en mains. Pour notre secteur, c'est désastreux pour les ouvriers et toute la population. Nexans versait 1,6 million d'euros de taxe professionnelle à la CCCT ».

Publié dans Dans la Presse

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