Le Journal "Le Monde" rend compte de l'offensive des députés de Gauche contre la gestion gouvernementale

Publié le par Frederic Alliot

La gauche attaque le plan de rigueur du gouvernement

 


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L'examen, achevé jeudi 4 février, à l'Assemblée nationale, du collectif budgétaire sur l'emprunt et les dépenses d'avenir a fourni à la gauche l'occasion de revenir sur la dégradation des finances publiques, de critiquer le mauvais procès fait aux collectivités locales et de relever les contradictions gouvernementale
L'augmentation inédite du déficit budgétaire à 149 milliards d'euros (+ 27 %) et l'accroissement de la dette publique, qui devrait passer de 66 % du produit intérieur brut (PIB) en 2008 à 85 % en 2010, plaçaient le ministre du budget dans une situation inconfortable. Eric Woerth a eu beau rappeler, mardi, l'impact limité de l'emprunt sur les finances publiques - 5 milliards de plus sur la dette en 2010 et 0,1 point de PIB par an sur le déficit -, il n'a pas convaincu l'opposition.

 

"Les dépenses des collectivités progressent de plus de 6 % alors que celles de l'Etat ne progressent pas ! La réalité, la voilà !", a tenté le ministre après la transmission à Bruxelles du programme français, qui prévoit de réduire fortement le rythme d'évolution de la dépense publique (à - 0, 1 % par an pour l'Etat et à + 0,9 % par an pour les collectivités locales, au lieu de + 6 %).

"Le trou, c'est vous !"

"Le trou, c'est vous !", a répliqué Jacques Desallangre (Gauche démocrate et républicaine, Marne) avant que Pierre Moscovici (PS, Doubs) ne dénonce "le procès permanent" que le gouvernement instruit aux collectivités locales."Dans une situation où les neuf dixièmes du déficit (budgétaire) financent uniquement des dépenses courantes et des intérêts de la dette, je trouve qu'il est mal venu de vouloir donner des leçons aux collectivités locales qui ne s'endettent que pour investir", a enchéri l'économiste et député Pierre-Alain Muet (PS, Rhône).

"Où en serons-nous dans onze ans quand, sous prétexte de réduire la dépense publique, comme si elle était responsable de la crise et des déficits, vous aurez contraint les collectivités à réduire leurs investissements, qui représentent 75 % de l'investissement public ?", a demandé Jean-Claude Sandrier (Gauche démocrate et républicaine, Cher).

"On ne peut d'un côté reprocher aux collectivités locales de dépenser et de l'autre de mettre en place des mécanismes qui poussent à l'investissement", a ajouté le président PS de la commission des finances, Didier Migaud, à propos du remboursement anticipé de la TVA. Au moment où l'exécutif s'interroge sur l'opportunité d'inscrire dans la Constitution des règles contraignantes en matière de finances publiques, il a dénoncé le contournement permanent de celles qui existent déjà.

La gauche a aussi déploré la hausse de la dépense fiscale ainsi que les baisses d'impôt et de charges sociales qui entament les recettes de l'Etat et de la Sécurité sociale. "Dans le même texte, vous prévoyez d'un côté d'emprunter sur les marchés financiers des sommes pour développer un secteur qui, à l'évidence, a besoin d'investissements, et de l'autre, vous supprimez des crédits de ce même secteur car il faut bien gager le coût supplémentaire généré par les intérêts de ce grand emprunt", a martelé Jérôme Cahuzac (PS, Lot-et-Garonne), en relevant les annulations de crédits prévues dans le collectif : 124 millions pour l'enseignement supérieur et la recherche, 110 millions pour le développement durable, 60 millions pour la sécurité...

Claire Guélaud

Publié dans Dans la Presse

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