Jacques Desallangre etait l'invité de la semaine du Journal L'Aisne Nouvelle

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« Il faut une zone commerciale attrayante »

Jacques Desallangre laissera son siège de député en 2012 et celui de président de la CCCT en 2014.Le député et président de la communauté de communes Chauny-Tergnier, Jacques Desallangre, est notre 50e invité de la semaine. Il nous donne son sentiment sur la situation économique du secteur, le projet de réforme territoriale, la suppression de la taxe professionnelle. Il dresse aussi un bref bilan de son parcours politique et nous parle de sa santé.

 

L'emploi est redevenu une priorité. La CCCT, que vous présidez, a la compétence économique. Quelles sont les perspectives ?

J.D. : « L'emploi a toujours été une priorité puisque nous sommes dans un bassin d'emploi où le taux de chômage est élevé et où les revenus sont plutôt modestes. Nous misons sur la zone économique stratégique, sur nos pépinières et nos hôtels d'entreprise qui hébergent près de 300 emplois. Ce sont des atouts qui ne sont pas négligeables. »

 

Concrètement, y a-t-il des projets en cours ?

J.D. : « Nous avons des contacts mais tant que le terrain ne sera pas acheté, je ne peux rien dire. Mais je suis assez optimiste concernant l'industrie.

Vous savez, la fermeture d'Essex puis des deux Nexans ont été des coups très durs qui ont contrarié les efforts que nous menions depuis de longues années. Jusqu'à présent, nous parvenions à compenser les pertes d'emplois par des créations. Maintenant, nous voilà en déficit mais il faut se battre. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. »

 

Pourquoi la zone commerciale de Viry-Noureuil est-elle si peu développée ?

J.D. : « Ici, dans notre secteur, les résistances du commerce indépendant ont été très fortes, et je peux le comprendre. Mais je constate que ce sont d'autres zones qui attirent les consommateurs du Pays chaunois. Il faut savoir que nous avons la plus forte évasion commerciale du département. Les gens vont sur Saint-Quentin, Laon, Soissons ou bien Noyon.

En ce moment, je suis donc en train d'essayer de trouver des moyens pour cette zone. Nous devons avoir des enseignes fortes pour garder sur le secteur les consommateurs. Quelque part, on aidera les commerçants en développant une zone commerciale attrayante. »

Que vous inspire le projet de réforme territoriale ?

J.D. : « Je la critique vivement car on réduit l'importance des élus de terrain. 93 % de la dette publique provient de l'État contre seulement 7 % pour les collectivités. Ici, les élus locaux ne disent pas qu'il y a un étage de trop. C'est pour cela que je suis contre la fusion département/région. On éloignerait le citoyen de ses représentants. »

La CCCT se transformera-t-elle un jour en communauté d'agglomération ?

J.D. : « Je le souhaite. Le territoire y gagnerait en dotation de l'État et en reconnaissances. Les deux communautés d'agglomération du département - Saint-Quentin et Soissons  sont mieux traitées que nous. On pourrait aussi avoir des ambitions plus fortes. Mais il y a encore de nombreux élus qui ont peur. Je compte leur apporter les informations nécessaires. »

La suppression de la taxe professionnelle vous inquiète-t-elle ?

J.D. : « Oui car on est dans l'inconnu. Et on peut avoir des craintes car à chaque fois que l'État fait un cadeau, ce n'est pas lui qui paie. Au fil des années, les compensations ne suivront pas. Il est vrai que la taxe professionnelle est stupide ; il aurait fallu l'asseoir sur la valeur ajoutée, sur les bénéfices non réinvestis des entreprises, cela aurait été juste. »

Parlons un peu de vous. Quels regards portez-vous sur votre parcours politique ?

J.D. : « Je suis satisfait car je pense que je n'ai pas déçu collectivement, en étant honnête. J'ai le sentiment d'avoir fait du bon boulot. Je suis fier de la confiance que m'ont accordée les Ternois et de la façon dont a été gérée la communauté de communes, surtout quand je repense aux tensions du début. Mes collègues sont devenus des copains. »

Votre successeur à la mairie de Tergnier est connu. Qui voyez-vous sur les bancs de l'assemblée nationale ? Jean-Luc Lanouilh, s'il est candidat, ferait-il un bon député ?

J.D. : « Je crois qu'il doit y penser tous les matins en se rasant (rires). Il a les capacités comme d'autres qui devraient rapidement faire connaître leurs intentions. »

Pour terminer, tout le monde sait que vous avez eu de graves problème de santé. Comment allez-vous ?

J.D. : « Ça va, ma santé s'est consolidée. L'apparence est là mais j'ai quand même subi un grave accident de santé. »

    
LA QUESTION QUI FACHE

Vous avez été membre du Parti socialiste puis du Mouvement républicain et citoyen. Vous êtes aujourd'hui rattaché dans votre groupe parlementaire avec les communistes. Pas facile de vous situer…

J.D. : « Je me situe très à gauche. Je n'ai jamais renié mes origines. Il y en a qui ont quitté la gauche pour aller à droite, ce n'est pas mon cas ; je ne suis pas un feu follet. Je suis un républicain. J'ai quitté le PS à l'époque du traité de Maastricht pour rejoindre le MRC. Puis, j'ai été déçu par Jean-Pierre Chevènement. Aujourd'hui, je ne me retrouve dans aucun homme de gauche.


 

 

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